À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
XV. « Soleil, tu fus vainqueur, ce jour-là des nuées »
Soleil, tu fus vainqueur, ce jour-là des nuées !Infatigablement, d’un redoutable essor.Tu chassas les vapeurs partout diminuées,Dans leurs flancs déchirés brisant les lances d’or.
Elles s’accumulaient, un instant remuéesAu fond de l’horizon par un dernier effort,Et s’étendaient enfin, lasses, exténuées,Te faisant de leur pourpre immobile un décor.
Alors, le vaste ciel, tout l’azur fut à toi,Et tu t’éloignas seul vers les confins du jour,Ainsi qu’un chevalier qui, dans un long tournoi,
Ayant vu triompher la cause de l’amour,Traverse, étincelant de ses armes en feu,L’immense arène aux murs tendus de velours bleu !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources