À l’amie perdue, 1896· II Au bord des flots bleus
IV. « Derrière les coteaux, une lumière orange »
Derrière les coteaux, une lumière orangeIllumine le ciel encor limpide et clair ;Mais, du côté de l’est, un crépuscule étrangeÀ réuni les rocs, le sable au loin désert,
La coupole des cieux, la plaine de la mer,En un mystérieux et sublime mélange.Bleuâtre, élyséen, un accord vaste et fierOù tout ce que le jour émancipe se range.
La lune à l’horizon soulève un flot d’argent,Puis, surgissant un peu, s’emplit de clarté rose ;Un sentier scintillant qui sort d’elle se pose
Sur les flots, et hors d’eux dans les airs émergeantSon globe devient d’or ; et tout est solennelD’un immense repos qui paraît éternel.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources