À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
XI. « Elle laissa son cœur se répandre en reproches »
Elle laissa son cœur se répandre en reproches,Le chagrin de les faire y mettait sa douceur,Je sentais à sa voix que ses pleurs étaient proches,Et ses beaux yeux émus brillaient dans sa pâleur.
À mon tour je parlai ; je lui dis son erreur,Qu’elle avait écouté de mensongères cloches,Et pris pour vérité la vulgaire rumeurPlus vaine qu’un écho perdu parmi les roches ;
Et je lui dis encor ma tendresse fidèle.Les longs mois désolés habités par l’ennui,Qu’elle était mon bonheur, que j’étais son appui,
Qu’il serait insensé qu’une ombre folle et frêle,Passant sur notre amour, fût plus forte que lui ;Et quelque chose aussi pour moi parlait en elle.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources