À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
XII. « Mais elle était venue avec l’arrêt cruel »
Mais elle était venue avec l’arrêt cruel.Qu’à sa propre tendresse elle avait imposé,Que notre amour serait en ce jour-là brisé,Et sa décision n’écoutait point d’appel.
Sa rigueur persistait dans son cœur apaisé,Comme un nuage est noir malgré son arc-en-ciel ;À sa bouche montait le même mot mortel,Comme au puits d’un vouloir froid et profond puisé.
Alors, désespérant de pouvoir la fléchir,Je connus que j’allais voir devant moi périrNos espoirs déchirés, nos délices perdues,
Et cet amour faussé qui n’était plus le nôtre ;Pour un dernier adieu nos mains se sont tendues,Et nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources