À l’amie perdue, 1896· I La floraison
X. « Quand je l’embrasserai sous un treillis de roses »
Quand je l’embrasserai sous un treillis de roses,Je veux que vous ayez notre premier baiser,O chers yeux qui m’avez avoué tant de choses.Et mon âme sur vous montera l’épouser ;
Je veux que vous sentiez sur vos paupières closesLes prémices de ma tendresse se poser,Sources de mon bonheur, clartés des jours moroses,Dont l’émoi découvert me permit seul d’oser ;
Afin que vos regards, quand vous vous rouvrirez,Reparaissent changés et déjà rassurésPar cet avant-coureur d’un long amour fidèle.
Il est juste, ô chers yeux, chers yeux tristes et doux,Que sur vous, sur vous seuls, mon premier baiser scelleL’amour inespéré qui m’est venu par vous.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources