À l’amie perdue, 1896· VII Le sacrifice
V. « Et si je t’en parlais dans un jour de délire »
Et si je t’en parlais dans un jour de délire,Toi qui remplis ton haut office maternelSi noblement, qui sais quel devoir éternelC’est de se faire aimer afin de mieux instruire,
Toi qui, par le pouvoir de ton grave sourireConduis ces jeunes cœurs, d’un progrès graduel,Vers le respect sévère et presque solennelDe l’animal qu’on bat, du rameau qu’on déchire ;
Toi qui dans leur gaîté déposes, chaque jour,En lumineux propos, des germes de bontéQui grandissant en eux te paient en plus d’amour ;
Si, dans un bref instant d’oubli, je m’égaraisJusqu’à montrer ce ciel à ton sort attristé,De quel ferme regard tu me regarderais !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources