À l’amie perdue, 1896· VII Le sacrifice
VI. « Hélas ! je sais trop bien ce que tu vas me dire »
Hélas ! je sais trop bien ce que tu vas me dire :« — Notre amour de périls secrets est assailli ;Il n’importe pour nous ! mais un mot peut détruireMon effort maternel sans qu’il soit accompli,
Et jeter mes enfants dans un sentier sali !Quel crime si, plus tard, détestant ton sourire,Je portais, sous un front par le remords pâli,L’horreur de notre amour qui n’a su que leur nuire ! »
Quand mon bonheur devrait sur mes jours délabrésS’abattre, ne laissant que les débris d’un songe,Comme l’écroulement des colonnes s’allonge
Et d’un temple en ruine encombre les degrés,Non ! je ne le veux pas sauver par un mensonge :Ces dangers dont ton cœur s’épouvante sont vrais !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources