À l’amie perdue, 1896· V Les rêveries
VII. « Et, tandis qu’alternaient dans leur retour subtil »
Et, tandis qu’alternaient dans leur retour subtilLa chanson de la flûte et cet appel d’amour.Elle dit à voix haute : « Ô Vénus, m’aime-t-il,Le poète qui vit près de la vieille tour ?
Pour me donner à lui je veux qu’il me désire,Je connais sa tristesse, et je veux qu’il l’oublieDans l’ardente fureur de l’amour que j’inspire,Et mes baisers versés sur sa tête pâlie. »
Elle ouvrit ses bras blancs, frémissante d’émoi,Et ses bras en s’ouvrant ouvrirent sa tunique,Et son corps de déesse aux invincibles charmes
Resplendit tout entier. Je vis entre elle et moiLuire tes pauvres yeux tout fatigués de larmes,Et je m’éloignai vers le bois mélancolique.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources