À l’amie perdue, 1896· V Les rêveries
VI. « Sur la soie écarlate et pourpre des coussins »
Sur la soie écarlate et pourpre des coussins,Où des corps enlacés qu’un trait sobre découpeSe suivaient en lascifs et délicats dessins,D’autres femmes étaient assises en un groupe,
Tels ceux que les marins regardaient de la poupeJouer dans les flots verts en dangereux essaims.Ces femmes se passaient une admirable coupeD’un contour moins parfait que celui de leurs seins.
Et l’une, se dressant dans sa robe de gazeQui ne voilait sa chair qu’à l’endroit des fleurs d’or,D’un geste sinueux où sa gorge ressort,
Éparpillant dans l’air des gouttes de topaze,Jeta le dernier vin qui restait dans le vase.Suivant le rite ancien pour connaître le sort.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources