À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXXV. « Il disait qu’il t’aimait celui qui prit ta vie »
Il disait qu’il t’aimait celui qui prit ta vie,Celui qui t’emmena dans ta toilette blanche,Plus virginale et plus charmante que la brancheA l’aubépine en pleurs par le pâtre ravie !
Il déposa bientôt son amour théâtral ;Ton lumineux esprit rendait jaloux le sien,Son cœur était trop bas pour battre auprès du tien ;Il se fit ton tyran n’étant pas ton égal ;
Son orgueil le força d’aimer moins haut que toi.Sans doute il a souffert en te faisant souffrir ;El peut-être, parfois, au fond des mers lointaines,
Pensif, sur son navire, aux heures moins hautainesOù le soir assombrit les flots, il sent en soiDes regrets tels qu’ils sont presque du repentir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources