À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXXVI. « « Son sourire et ses yeux sont l’étoile du soir »
« Son sourire et ses yeux sont l’étoile du soir,L’étoile du matin ; tu ne veux reconnaîtrePauvre cœur déréglé, de chagrin ni d’espoirQue de la voir pâlir ou de la voir renaître.
Mais si son cher rayon avant nous devait choirDans l’océan funèbre où tout doit disparaître,Et que le monde éteint ne fût qu’un tombeau noir,Que ferions-nous, ô cœur perdu ? » — « Tu pourrais être
Le moine émacié, dont chaque heure s’enchaîneÀ quelque anneau de fer de discipline étroite,Qui, sous sa robe brune, en sa stalle de chêne,
Penchant son front cireux dans sa main maigre et moite,Écoutant sa toux rauque emplir le chœur, convoiteLe bienfait d’une fin que Dieu fasse prochaine. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources