À l’amie perdue, 1896· VII Le sacrifice
XIX. « Je descends à travers le village endormi »
Je descends à travers le village endormi :Sous ces minables toits à la porte mal close,Le plus pauvre pêcheur, le plus navré, reposePrès de l’épouse, et sent dans son cœur raffermi
Quelque chose de doux que le sommeil déposeEn nous, quand nous dormons auprès d’un cœur ami ;Jusqu’à ce que, vers l’est, le matin ait blêmi,De ses maux oubliés il goûtera la pause.
Et voici le calvaire au pied duquel s’entassentLes lanternes de fer qui viennent des naufrages !Hélas ! combien de ceux qui dans son ombre passent
Peuvent, en pâlissant, les prendre pour présagesDe malheurs plus affreux que tous ceux qui menacentLes barques des marins battus par les orages !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources