À l’amie perdue, 1896· VII Le sacrifice
XX. « Ô mer, ô mer immense et triste, qui déroules »
Ô mer, ô mer immense et triste, qui déroules,Sous les regards mouillés de ces millions d’étoiles,Les longs gémissements de tes millions de houles,Lorsque dans ton élan vers le ciel tu t’écroules ;
Ô ciel, ô ciel immense et triste, qui dévoiles,Sur les gémissements de ces millions de houles,Les regards pleins de pleurs de tes millions d’étoilesQuand l’air ne cache point la mer sous de longs voiles ;
Vous qui par des millions et des millions d’années,À travers les éthers toujours remplis d’alarmes,L’un vers l’autre tendez vos âmes condamnées
À l’éternel amour qu’aucun temps ne consomme,Il me semble, ce soir, que mon étroit cœur d’hommeContient tous vos sanglots, contient toutes vos larmes !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources