À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
VIII. « Je te vis dans un rêve après un triste adieu »
Je te vis dans un rêve après un triste adieu :Tu marchais dans les plis pesants et magnifiquesD’une robe en velours d’un plus céleste bleuQue celui des glaciers ou des flots atlantiques
Quand vers l’orient clair jaillit un premier feu ;Une gorgone d’or aux cruels yeux tragiquesL’agrafait à ton cou, mais un doux désaveuDescendait de tes yeux azurés et pudiques ;
Derrière toi luisait une mer de lapisDont les flots étagés montaient comme un parvisVers un grand ciel limpide aux bleuâtres splendeurs ;
Tu tenais dans tes mains de frais myosotis,Sans me dire un seul mot tu me tendis ces fleurs,Et j’y plongeai mon front pour y cacher mes pleurs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources