À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
IX. « Si nous nous revoyons avant que de mourir »
Si nous nous revoyons avant que de mourir,Que ce soit dans un parc aux profondeurs voilées,Où la mousse verdit le sable des allées,Au moment où les bois vont bientôt s’engourdir ;
Alors que lentement les premières geléesDétachent, des rameaux qui semblent s’agrandir,Des feuilles dont l’or brun commence à recouvrirLes gazons effleurés de brumes déroulées.
Parfois, dans ces bosquets dégarnis où l’automneMontre des nids déserts dans le feuillage jaune.Des bourgeons attardés s’entr’ouvrent sur les arbres.
Un rouge-gorge anime un buisson déjà noir,Quelque rayon pâli vient toucher les vieux marbres ;C’est en des lieux pareils qu’il faudra nous revoir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources