À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
VII. « Les coursiers emportés que l’Aurore conduit »
Les coursiers emportés que l’Aurore conduitEt qu’elle excite encore avec ses rênes d’or,Bondissant dans le ciel d’un triomphal essor,Galopent à travers les débris de la nuit.
L’ombre surprise et qui trop lentement s’enfuitRoule sous leurs sabots enflammés et se tord ;Elle saigne, écrasée ; et ce sang jusqu’au bordEmplit le firmament qui s’illumine et luit ;
Car bientôt ces rougeurs se changent en clartés,Et ce flot douloureux devient de la lumière.En est-il parmi vous, ô cœurs ensanglantés
Sur lesquels a passé le Devoir votre roi,Qui transforment ainsi leurs peines en prière,Leurs regrets en sagesse, et leurs douleurs en foi ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources