À l’amie perdue, 1896· VIII Le deuil
XIV. « L’air froid vibre ; le sol sonne durci ; la lune »
L’air froid vibre ; le sol sonne durci ; la luneSurgit étincelante et froide dans le ciel ;Les traits des astres clairs sont aigus, et le gelMet un morceau d’acier dans chaque ornière brune.
L’église du hameau jette à travers la duneLes appels bondissants des cloches de Noël,Et son porche s’emplit des clartés de l’autel,Auquel pense le mousse engourdi dans la hune.
Ah ! si cette soirée où tous sont réunisPouvait nous rapprocher en ses instants bénis,Et si je te voyais, tout à coup ramenée,
Descendre en souriant le massif escalier,Et t’asseoir sous la vieille et vaste cheminéeDont les charbons ardents auraient l’air d’un rosier !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources