À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXIII. « L’aube s’épanouit en clartés adorables »
L’aube s’épanouit en clartés adorables,D’immenses rayons d’or réveillent les villages,Les troupeaux mugissants sortent de leurs étables,Et vers les longs labours partent les attelages ;
Le soleil fait ouvrir les lucarnes des gables,Où des rosiers grimpants encadrent les visages ;La rosée en séchant fait fumer les érables,Et les premières faux brillent dans les herbages.
Lève-toi ; par delà les vergers dont les branchesOnt toutes un feston de fleurs roses et blanches,Un sentier, qui descend par des talus étroits,
Mène au ruisseau d’argent qu’il franchit sur des planches,Et, le ruisseau passé, presqu’aussitôt tu voisL’ombre où nous passerons le jour au bord des bois.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources