À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXII. « Petit village agreste, et clos de monticules »
Petit village agreste, et clos de monticulesOù paissent des troupeaux de moutons et de chèvres,Tu vis loin des chemins et tu te dissimulesA l’écart des cités et de leurs âpres fièvres ;
Tes murs blancs, tes toits gris aux paisibles fuméesSe blottissent autour du clocher paternel,D’où, sur les champs lointains, cloches accoutumées,Vous jetez vos instants de repos solennel.
Dans ton cirque restreint de gazons et d’azurNe peux-tu recevoir, en un asile sûr,Deux voyageurs lassés, et les garder cachés,
A leur humble foyer promptement attachés.Et contents de manger un pain de froment purCuit dans des fours chauffés par des myrtes séchés ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources