À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXVI. « La petite maison auprès de la rivière »
La petite maison auprès de la rivière,Où nous avons passé deux mois tristes et doux,Te la rappelles-tu, si fraîche et printanière,Sur sa pelouse verte où luisait un vieux houx ?
De la terrasse avec les balustres de pierreEt les grands vases bleus, nous avions devant nousDes champs aux plis lointains fuyant dans la lumière,El le fleuve à nos pieds roulait ses lents remous.
Mais il fallut partir, et je revois encoreL’eau grise qu’un rayon du clair matin colore,Si calme ce jour-là qu’aucun reflet n’y bouge,
La barque du passeur qui lentement m’emporte,Et le geste d’adieu que tu fis dans la porteOù croissaient deux rosiers, l’un blanc et l’autre rouge.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources