À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXVII. « Que ce sonnet ressemble aux galères royales »
Que ce sonnet ressemble aux galères royales,Qui traînent sur les flots des velours frangés d’or,Et, sous un dais de soie aux splendeurs liliales,Portent le lit d’ivoire où la reine s’endort ;
Que de mots éclatants, bannières triomphales,Il flotte pavoisé comme un mouvant décor ;Qu’un bruit charmant et doux de luths et de cymbales,De violes d’amour, retentisse à son bord ;
Qu’il soit resplendissant ; que les salves des rimesÉclatent hautement par le sabord des vers ;Qu’il vogue enveloppé par des souffles sublimes,
Arborant à son mât des lauriers toujours verts ;Car il porte ton nom souverain à traversLes espaces du Temps et ses profonds abîmes !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources