À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXV. « Une lueur au ciel est mauve comme un col »
Une lueur au ciel est mauve comme un colDe tourterelle lasse et presque inanimée ;De lourds lilas s’emplit la vallée embrumée,El les chauves-souris ont commencé leur vol ;
Dans la forêt muette où chante un rossignol,Le crépuscule exhale une haleine embaumée ;La rosée a semé de perles la ramée :Les feuilles dans les airs, et les fleurs sur le sol,
Et les mousses autour des troncs, dans l’ombre bruneScintillent d’une étrange et claire broderie,Où ruisselle l’étrange et claire rêverie
De l’oiseau qui toujours redit son infortune.Viens, pour parer le bois de toute sa féerie,Y montrer tes yeux bleus dans des rayons de lune.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources