À l’amie perdue, 1896· I La floraison
VIII. « Les caresses des yeux sont les plus adorables »
Les caresses des yeux sont les plus adorables ;Elles apportent l’âme aux limites de l’être,Et livrent des secrets autrement ineffables,Dans lesquels seuls le fond du cœur peut apparaître.
Les baisers les plus purs sont grossiers auprès d’elles ;Leur langage est plus fort que toutes les paroles ;Rien n’exprime que lui les choses immortellesQui passent par instants dans nos êtres frivoles.
Lorsque l’âge a vieilli la bouche et le sourireDont le pli lentement s’est comblé de tristesse,Elles gardent encor leur limpide tendresse ;
Faites pour consoler, enivrer et séduire.Elles ont les douceurs, les ardeurs et les charmes !Et quelle autre caresse a traversé des larmes ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources