À l’amie perdue, 1896· VI Devant les vagues grises
IX. « Lorsque nous revenons par la rude falaise »
Lorsque nous revenons par la rude falaise,À l’heure où l’eau qui bat à ses pieds devient noire,Tandis que, plus avant, la houle qui s’apaiseDe grands reflets mouvants et livides se moire,
Et que sur l’horizon, comme un reste de gloire,Dans les cendres du jour meurt un amas de braise ;Tu t’arrêtes souvent au bout du promontoireOù glissent des rochers sur les pentes de glaise,
Et tu cherches, debout dans le jour qui défaille,Quel forgeron puissant qui dans l’ombre travaille,Quel forgeron puissant au labeur éternel.
Dont la forge invisible à la nuit se rallume,Fait, sous son lourd marteau, jaillir de son enclumeLes flammèches de feu qui volent dans le ciel.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources