À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
IV. « Lorsque le glaive d’or du matin extermine »
Lorsque le glaive d’or du matin extermineLes débris attardés des ténèbres fuyantes,Et que le jour, glissant dans les bois, illumineSous leurs rochers verdis les sources plus bruyantes,
L’impalpable bonheur dont je vis se termine :Sitôt que les vapeurs se traînent suppliantesEt meurent, il pâlit, fuit et se dissémine,Évaporé parmi les ombres ondoyantes.
Car c’est un rêve, il veut la lumière indéciseQue la lune voilée et douteuse tamiseSur les vallons baignés d’une brume bleuâtre ;
El j’y crois voir passer, chérissant ma méprise,Une forme qui va, plus blanche que l’albâtre,Dans de vagues bosquets de myrte et de cytise.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources