À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXI. « Rosier blanc, dont les jets emmêlés et hardis »
Rosier blanc, dont les jets emmêlés et hardis,Grimpant le long du mur jusqu’au balcon de fer,Enroulent aux barreaux sur l’enclume arrondisLes rinceaux délicats de leur feuillage clair ;
Rosier blanc, dont les fleurs si pures semblent faitesPour parer les autels dans la flamme des cierges,Quand le mois virginal renouvelle ses fêtes,Ou fournir des bouquets à la tombe des vierges ;
Rosier blanc, cache bien la rose un peu pourprée,Ton seul calice ardent, que ma main déchiréeDe son sang a rougi, quand je suis descendu
De ce balcon de fer, où longtemps suspenduJe prolongeais l’adieu et le baiser suprêmeDe celle qu’en secret j’ai conquise et que j’aime.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources