À l’amie perdue, 1896· VIII Le deuil
XVII. « Qu’est-ce, hélas ! que l’amour d’où ne sort point l’enfant »
Qu’est-ce, hélas ! que l’amour d’où ne sort point l’enfant ?Que reste-t-il de lui quand l’âge l’a fané ?Ce qu’il reste des ors du matin triomphant,Lorsque le soir blêmit, par la nuit entraîné.
Mais les cieux immortels qu’un trait de pourpre fend,Rendront la jeune aurore au monde illuminé ;De quel Levant viendra le rayon réchauffantÀ l’amour qui vieillit stérile et consterné ?
Aussi nous passerons tous les deux comme un songe :Quand l’un de nous sera dans l’Obscur où tout plonge,Il ne restera plus pendant un court espace,
Qu’un cœur en deuil pleurant d’une secrète plainteLe rêve évanoui, la vision éteinte,Jusqu’à ce que lui-même anéanti s’efface.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources