À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXVIII. « Sculpteur, regarde bien cette face, pour rendre »
Sculpteur, regarde bien cette face, pour rendreLa beauté de ce front paisible et spacieux,Modelé purement, la beauté de ces yeux,De ce profil qu’un maître immortel semble attendre !
Regarde bien, sculpteur, surtout sache comprendreCe que les lèvres ont de dédain sérieux,Et ce que le regard a de candide et tendre !Choisis un bloc parfait de marbre précieux ;
Veille que ton ciseau soit chaste et soit robuste,Ainsi que le ciseau d’un vieil artiste grec ;D’un cœur respectueux approche ton ouvrage
Pour n’être pas vaincu dans ton combat avecLa puissante douceur de ce noble visage ;Car un jour, par mes vers, sera jugé ton buste.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources