À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XV. « Voici ce que je vois sur l’étrange verrière »
Voici ce que je vois sur l’étrange verrière ;Une dame très belle, en longue robe blancheDont le cœur est brodé d’une fleur de pervenche,Est debout au milieu d’unie jeune clairière ;
Au tronc gris des bouleaux grimpe un filet de lierre,D’une grotte moussue une source s’épanche,Un rossignol, parmi les feuilles d’une branche,Chante, le ciel sourit de clarté printanière ;
Et la dame très belle et très bonne a tenduSes deux mains à quelqu’un qui se jette éperduEt les baise humblement, à quelqu’un dont la face
Dans ce geste abaissé se détourne et s’efface.Et je me dis : « C’est moi qui lui baise les mains. »Alors viennent les vents par les âpres chemins !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources