La France éternelle, 1918· 1916
La défense du sol
Printemps de mon pays, si beau dans ta lumière,Tu te refuserais a n’être plus latin.Ta sève, qui partout suit son cours clandestin,Ne consent qu’à nos champs sa tache coutumière.
A ton souffle attiédi le bois va tressaillir,Le gazon s’émailler des chères fleurs de France,Hors du bourgeon la feuille avec exubérance,Aux baisers des soleils du renouveau, jaillir.
Chers soldats, luttez bien pour que nos plants de rosesN’exhalent que pour nous leur » enivrants parfums.Lutte/, pour que nos blés ne gorgent pas les Huns,Notre vin n’égaie pas leurs natures moroses.
Luttez pour que ces bois, ces campagnes, ces deuxNous continuent leurs dons, leur douceur, leur caresse,Luttez pour que vos fils en jouissent sans cesse.Luttez ! C’est l’héritage immortel des aïeux.
15 février.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources