La France éternelle, 1918· 1915
Le drapeau
Drapeau français, ô toi qui du Rhin jusqu’au Nil,Et, par delà le Gange, au sol de Cochinchine,Dans l’immense Amérique, en terre maugrabine,Môme au cœur africain, maîtrisant lé péril,
Apportas dans tes plis l’âme de la Patrie,Emblème mémorable, ô sublime drapeau,Ta soie aux trois couleurs, si ton passé fut beau,Pour un présent plus beau de nos jours se déplie.
O toi qui pris parti pour les peuples martyrs,Te voici libérant l’Alsace et la Lorraine ;Et bientôt, sur Strasbourg et Metz, en souveraine,Ton ombre flottera pour n’en plus repartir…
Comme au temps des Croisés, traversant le Bosphore,Je te vois, à Stamboul, de ton aile effleurant,Aux lieux où se chantaient les versets du Koran,Les fronts de nos soldats que la victoire laure.
Et j’écoute ce cri, mille fois répété,De la marche de France aux bords des Dardanelles :« Gloire A toi, Paix ! Salut A vos aubes jumelles,« Pille des Dieux latins, Justice et Liberté »
20 juin, .
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources