La France éternelle, 1918· 1915
Notre-d’âme d’août
C’est Notre-Dame d’Août avec ses moissons blondesEt sa forêt d’épis érigés en paillers ;C’est Notre-Dame d’Août aux cieux ensoleillés ;C’est la bonne chaleur dont le sol Franc s’inonde.
C’est, Notre-Dame d’Août. Une senteur de bléDu matin jusqu’au soir parfume l’atmosphère.La gerbe, sous le croc de fourche qui l’enferre,Hors du tombereau perd parfois un brin perlé.
On entend, ça et là, le vent de la batteuse.Dans sa poussière d’or, le grain décortiquéCouvre le sol à flots vermeils, et l’on est gaiDe braver ta menace, ô famine guetteuse !
Beau froment pur, beau froment frais, froment sacré,Emplissez, emplissez nos granges jusqu’aux faîtes,Puisque c’est de la vie humaine que vous faitesAvec le pain des forts pour nos preux préparé.
15 août.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources