La France éternelle, 1918· 1916
Sur la Meuse
Los vers sont impuissants à chanter ton martyre,Verdun, des coups de Mars encor tout frémissant.C’est en ces lieux qu’on vit la fleur de notre sangEnluminer tes flancs que l’ennemi déchire.
Verdun ! Autour de toi l’héroïsme s’unitA la religion de la France éternelle ;Et l’amas de tes morts qui toujours s’amoncelleLui fait un piédestal plus fort que le granit.
Elle est encor debout ta haute cathédraleEt ses deux bras égaux montrent encor le ciel,Ta forteresse oppose au Hun torrentielL’invulnérable abri de sa masse intégrale.
Pourtant, coteaux, vallons, chemins, bourgs et fossésNe sont plus aujourd’hui qu’un immense ossuaireDont il faut s’approcher comme d’un sanctuaire,En pensant à nos preux sous le sol dispersés.
— Français futur, passant dans ces sites de France,Où la Meuse au long cours serpente, arrête-toi !Et tombant à genoux, invoque avec émoiToute cette innombrable et sublime souffrance.
22 décembre.
20 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources