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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La France éternelle, 1918· 1914

Triptyque

Pierre de Bouchaud· 48 vers

I

De tes deuils si cruels, ô France, de tes ruines,Des dommages subis dans ta prospérité,Des coups que te porta l’ennemi détesté :Tu sortiras, sublime entre les héroïnes.

Tes sacrifices, va, porteront de beaux fruits.Avec fierté tu peux, toi qui sauves le monde,Te dresser, les regards sur ton œuvre féconde,Et dans toute la gloire à ton destin promis.

Tu te relèveras, fière, régénérée,Consciente de ta valeur et de tes droits,République greffée a la France des rois,Mais demeurant la France où le progrès se crée,

La France en qui renaît un généreux passé,Qui court à l’avenir, plus fameuse et plus belle,Et que l’Aigle Germain effleura de son ailePour rester sur le sol mortellement blessé.

II

Tout ton sol est nourri de la moelle des preuxQui nourrira le blé de la moisson future,Mon pays, tout ton sol n’est qu’une sépultureDe patriotes fiers, vaillants et généreux.

Qui donc disait que l’air de l’a mort débilite,Que nuisible est sa loi, néfaste son pouvoir ?Un conseil de vertu, de force et de devoirSort de chaque sépulcre où la gloire médite ;

« Jeunes espoirs, ô fleurs de la race à venir,« Restez dignes de nous pour que le sacrifice« De nos jours se maintienne — et sans cesse — propice,« Dans une France, où tous les cœurs doivent s’unir,

« Et des froments mûris aux lieux où nous tombâmes,« Faites, en souvenir de nos grands aînés morts,« Le pain de l’héroïsme et la manne des forts,« Afin que nous passions tous les jours dans vos âmes »

III

Solidaires, toujours et partout solidaires..,Plus de partis, mais rien que des soldats françaisQui luttent pour leur sol sans se lasser jamais,Soutenus par les vœux des femmes et des mères.

Tous, qu’ils soient favoris du sort, ou pauvres gens,Imberbe adolescent aussi bien qu’homme d’âge,Offrent leur vie avec un semblable courage,Pour repousser le dur effort des assiégeants.

Ils sont là, se vouant à la plus sainte cause,Refoulant l’agresseur inique, recouvrantPas à pas le terrain soustrait, et se montrantLes dignes descendants d’un passé grandiose.

Solidaires, toujours et partout. Leur fiertéA pour base l’honneur ; et leur idéalismeUnit le sacrifice au sublime héroïsmeQui conduit un pays à l’immortalité.

Décembre.

48 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La France éternelle, Paris, BERNARD GRASSET, 1918· numérisation gallica.bnf.fr· Sources