Les Estuaires d’ombre, 1895
VI. « Fleurs, tout l’espoir des croix, et l’or roux y rutile »
Fleurs, tout l’espoir des croix, et l’or roux y rutile,Leurs vœux, flottille ancienne au vent des cieux marinsS’agenouillent au seuil d’où montent, Pèlerins,Avec vos voix les voix d’airain d’un campanile.
L’ennui quotidien de la vie inutile,Âmes d’amour, et par quels miracles sereins,Éclot, du triste champ qu’arrosaient vos chagrins,Claires corolles en guirlande au péristyle.
Le fleuve d’oubli sombre où plongent nos cyprèsRoule l’épais gravier du Rêve et des RegretsSous le miroir noirci de son obsidiane :
Délaisse un songe vain et tes vœux insensés,Étranger qu’un exil fit pâtre en Sogdiane,Le rêve est malfaisant et vivre c’est assez.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources