Les Estuaires d’ombre, 1895
VII. « Mystérieuse d’un jardin où nul n’arrose »
Mystérieuse d’un jardin où nul n’arroseLa grave éclosion surgissant du sentier,Seule tu vins fleurir, ô le sourire altier !La chevelure lourde au pâle front morose.
Les doigts au luth selon qu’il s’accorde à la prose,Songeur, il a vu naître aux pages du psautier,Et le précise, lent, à le feindre, un luthier,Le geste qui dédie à la Sainte une rose.
Cris et larmes encore au vent nu des ennuisSi la fleur ne fut prompte à calmer de nos nuitsL’arôme triste épars au ciel de psalmodie :
Soudain tout le vitrail frissonne au clair matin ;La rose aux douceurs d’or qu’épanche un chant latinMêle un torrent d’extase et sa beauté hardie.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources