Les Estuaires d’ombre, 1895
V. « Rade aux frissons futurs des océans d’aurores »
Rade aux frissons futurs des océans d’aurores,Sera-ce en le reflet d’un lointain vespéralQue des vaisseaux cimés de leur azur astralAttériront aux quais de tes jardins sonores ?
Ville, ô Toi, du triomphe et de fleurs, qui décoresDe joie, avec ta foule en fête, un littoralOù des prêtres sans pompe et sans deuil auguralSe détournent de boire en d’impures amphores :
Garde l’orgueil de vivre et l’orgueil dans l’amourEt la douceur frémissante d’un songe chaste.Orgueil candide, aux yeux vers la mer, sur la tour,
Vigile, des mâts d’ombre errent par la mer vaste ;Vent du large, menace sombre aux jardins clairs,Crains le nuage gros de tempête et d’éclairs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources