Les Estuaires d’ombre, 1895
III. « Le givre : vivre libre en l’ire de l’hiver »
Le givre : vivre libre en l’ire de l’hiver,Rumeur qui se retrait au regard d’une vitreOù, peut-être, frémit éphémère l’élytreDe tel vol ou d’un souffle épais de menu-vair.
Le ciel gris s’est fanfare ! à soi-même entr’ouvert :N’est-ce pas qu’y ruisselle au front morne une mitre ?Non ! sénile noblesse où nul n’élude un titreA se mentir moins vil que ne rampe le ver.
L’heure suit l’heure encore, aucune n’est la seule :Pareille à soi, voici venir qui l’enlinceulePour brusque naître d’elle et pour mourir soudain.
Un chardon bleu, pas même, au suaire, ni cirseOffrant, rêve chétif et dédain du jardin,Ne fût-ce qu’une épine à s’en former un thyrse.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources