Les Estuaires d’ombre, 1895
IV. « Peureux un airain rouge étouffe en la viorne »
Peureux un airain rouge étouffe en la viorneLe sombre sanglot d’ombre d’où l’Unique écouteMonter un deuil d’angoisse aux rocs noirs de la routeD’une bombarde grave ou d’un morne cromorne.
Mais du grave cromorne à la bombarde morneL’ouragan n’aura bu que le sang de mon doute ;Es-tu, debout, la Mort que le doigt à la voûteSuscite pour ma peur un vol de l’Unicorne ?
L’Espoir ! il n’en est plus dont les corolles sombresOuvraient un feu d’extase à l’aube de nos yeux,Et même ton sourire est d’un or soucieux ;
L’Espoir fumant et vague, amas lourd de décombresS’exhale aux cieux du soir en des souffles obscurs,Et la ronce croît seule à l’ombre des vieux murs.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Estuaires d’ombre, Paris, Réveil, 1895· numérisation books.google.com· Sources