Les Vergers illusoires, 1892· II Vers les Havres aux fruits d’or
A Monsieur Albert Giraud
Celui qui s’embarquait pour la terre lointaineOù l’ardeur de ses vœux rêvait l’Eldorado,Par la glace polaire et les longs déserts d’eauHardiment s’acharnait à la gloire incertaine.
Vers la réconfortante et mystique fontaineDe ses songes guidé par la foi du Credo,Libre et fier il partait, rejetant le fardeauDes factices plaisirs de sa jeunesse vaine,
Et moi, que ronge aussi le désir d’un LéthéQui parfume d’oubli mon cœur désenchanté,Quand sentirai-je en moi la farouche énergie
De fuir loin par delà les pôles et les mersLe fantôme éternel de mes espoirs désertsVers la Terre-Promise où je me réfugie ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources