Les Vergers illusoires, 1892· II Vers les Havres aux fruits d’or
A Monsieur Iwan Gilkin
Insoucieux du crime et de la règle enfreinte,Ivre d’espoir vorace, avide de ta chair,J’entre, vêtu de la cuirasse d’orgueil clair,Par les sentes sinueuses du Labyrinthe.
Parmi les frondaisons où fleurira l’étreinte,Enfant, de tes candides bras embaumant l’air,Voici sourire avril et s’éveiller l’éclairDe l’Aurore, et mon cœur s’affranchit de la crainte.
Quand je vins atterrir des frigides ThulésAux rivages de tes baisers immaculés,C’était la nuit de glace et les fleurs inécloses ;
Le givre scintillait aux cimes des rosiersOù l’éveil du Printemps épanouit les rosesEt l’opale de tes grands yeux extasiés.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources