Les Vergers illusoires, 1892· I L’Appel des flots qui chantent
« A quoi dans l’effroi seul de ses cheveux épars »
A quoi dans l’effroi seul de ses cheveux éparsRêve-t-elle la blême enfant aux mains fleuriesDe pâles guirlandes ? — Rêve-t- elle aux prairiesD’autrefois avec leurs mares de nénuphars
Dont ses doigts fleurissaient les chemins de hasardsOù l’accueillait l’aumône ? — Et dans ces rêveriesSes yeux brûlent de l’éclat vif des pierreriesQui sertissent ses robes d’or et ses brocarts.
Mais elle ne voit rien autour d’elle. La chambreSe fond en des vapeurs d’aromates et d’ambre,La fenêtre s’ouvre aux effluves chauds du soir ;
Les lourds désirs, pareils aux feux changeants d’opaleMeurent en sanglots sous la brume vespéraleOù l’enfant ingénue est nue à son miroir.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources