Les Vergers illusoires, 1892· II Vers les Havres aux fruits d’or
« ‒ « Je t’ai connue avec ton rire et les embûches »
Sous les neiges de la fabuleuse Thulé.
J’ai lu le sort écrit dans l’azur constellé.PIERRE QUILLARD.
‒ « Je t’ai connue avec ton rire et les embûchesToujours les mêmes de tes yeux et tes baisers,O l’Endormie en ce terroir glacéQui défaillis aux lassitudes proches,Pour les caresses de mes doigts et les baisers,O l’Endormie en l’effroi lourd de mes baisers.
Je t’ai connue avec ton rire et les promessesDe la candeur de tes yeux doux, et tes baisers,Reine dormeuse au bord des flots que j’ai passésSous la tempête avec l’orgueil de mes prouesses,Et tu t’offris victime à l’horreur des baisersReine dormeuse, morte en paix à nos baisers.
Et partout je te connus à ton rire, au piègeOù m’attiraient tes yeux prometteurs de baisers.Par les jardins de l’Atlantide ou sous la neigeDes ultimes Thulés que la bourrasque assiège,Tu fus la forme surgie et l’offre de baisersDes futiles amours et des banals baisers. »
18 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources