Les Vergers illusoires, 1892· I L’Appel des flots qui chantent
« Les danses souples vont s’enlaçant par guirlandes »
Les danses souples vont s’enlaçant par guirlandes,Et les filles rieuses au bras des garçonsRhythment folles avec leurs naïves chansonsLeurs danses en méandres souples par les landes.
Et des couples et des groupes en farandolesEssore un rire clair par les cours du manoir,Et, parmi la moelleuse obscurité du soir,Vives essaiment les lueurs des torches folles.
Toutes clameurs de joie éclosent aux croiséesVers telle reine qui regarde en regrettant,Et dont les yeux pensifs s’enflamment par instantAu tumulte joyeux des foules amusées.
Les farandoles par les cours et par les landesVont s’enroulant, se déroulant en longs rubans,Et les rires, les chansons, les falots flambantsPointent de fleurs d’or clair les mouvantes guirlandes.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources