Les Vergers illusoires, 1892· II Vers les Havres aux fruits d’or
« Sur le basalte, au portique des antres calmes »
Giunto mi vidi ove mirabil cosa
Mi torse il viso.DANTE ALIGHIERI.
Sur le basalte, au portique des antres calmes,Lourd de la mousse des fucus d’or et des alguesParmi l’occulte et lent frémissement des vaguesS’ouvrent en floraisons hautaines dans les alguesLes coupes d’orgueil de glaïeuls grêles et calmes
Le mystère où vient mourir le rhythme des vaguesExhale en lueur de longues caresses calmesEt le rouge corail où se tordent des alguesÉtend à la mer les bras sanglants de fleurs calmesQui mirent leurs reflets sur le repos des vagues,
Et te voici parmi les jardins fleuris d’alguesEn la nocturne et lointaine chanson des vagues,Reine dont les regards pensifs en clartés calmesSont de glauques glaïeuls érigeant sur les vaguesLeurs vasques aux pleurs doux du corail et des algues.
15 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Vergers illusoires, Paris, Librairie de l’art indépendant, 1892· numérisation books.google.com· Sources