Le Cœur Solitaire, 1895· IV Mélancolies a Viollis
XXIV. « Je te vois anxieuse et belle de pâleur »
Je te vois anxieuse‖ et belle de pâleur ;Le sang fiévreux afflue‖ et palpite à tes tempes.Ferme les yeux, prends-moi‖ plus près de toi, sois tendre,Et que ma chair se fonde‖ à ta bonne chaleur.
La force du désir‖ gonfle ta gorge en fleur ;Un sanglot fait mourir‖ tes caresses plus lentes,Et le bruit de nos coeurs‖ tombe au fond du silence.Mes lèvres à tes cils‖ cherchent le sel des pleurs ;
Un grillon chante, l’âtre‖ est noir, la lampe éteinte.Tu m’attires vers toi‖ dans un demi-sommeilEt mon baiser t’arrache‖ une amoureuse plainte.
L’heure, comme un ruisseau‖ dans les herbes, s’écoule ;Et je rêve d’un seuil‖ accablé de soleilOù le fidèle essaim‖ des colombes roucoule.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources