Le Cœur Solitaire, 1895· I
II. « Souffrir infiniment, souffrir, souffrir assez »
Souffrir infiniment,‖ souffrir, souffrir assezPour que le soc tranchant‖ et fort de la douleurOuvre à fond ce coteau‖ de vigne desséchéEt qu’au prochain automne‖ on vendange mon coeur !
Souffrir ? Je ne sais plus‖ souffrir, j’ai trop pensé ;Et j’envie en mon dur‖ sépulcre intérieur,Ô lamentable Dieu‖ des croix, ton front penchéOù des filets de sang‖ versent de la fraîcheur.
J’implore un coup de lance‖ au flanc, j’ai soif de fiel.Qu’une femme, implacable‖ entre toutes les femmes,Me tende sa chair froide‖ et sa bouche où je puisse
Me blesser d’un atroce‖ amour ! L’étoile au cielPalpite d’un éclat‖ plus vif après la pluie,Et notre âme renaît‖ plus claire dans les larmes.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources