Le Cœur Solitaire, 1895· I
X. « Sur nos pas le profond enfer s’est refermé »
Sur nos pas le profond‖ enfer s’est refermé.Ô compagnon pensif‖ qui m’enseignes la route,Moins réprouvés que nous,‖ les morts au fond du gouffreBlasphèment : « Dieu nous hait,‖ mais nous avons aimé. »
Sur l’extrême plateau‖ qu’une aube obscure teinte,Nous desserrons nos mains‖ qui vont se désunir,Et nos funèbres coeurs‖ roulent des souvenirsPlaintifs comme le vol‖ des âmes dans les limbes.
Vois s’étoiler le ciel‖ terrestre au carrefourOù Virgile attristé‖ se sépare de Dante.Un grand rêve t’arrête‖ au seuil du monde humain ;
Tu restes dans la nuit‖ quand je vais vers le jour :Pour me guider hors des‖ ténèbres du chemin,Élève ton esprit‖ sur moi, comme une lampe.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Le Cœur Solitaire, Paris, LES ÉDITIONS G. GRÈS ET Cie, 1922· numérisation poesies.net· Sources