Œuvres diverses I, 1658‑1694· Adonis Poème 1669
Adonis
Je n'ai pas entrepris‖ de chanter dans ces versRome ni ses enfants‖ vainqueurs de l'univers,Ni les fameuses tours‖ qu'Hector ne put défendre,Ni les combats des dieux‖ aux rives du Scamandre :Ces sujets sont trop hauts,‖ et je manque de voix ;Je n'ai jamais chanté‖ que l'ombrage des bois,Flore, Écho, les zéphyrs,‖ et leurs molles haleines,Le vert tapis des prés‖ et l'argent des fontaines.C'est parmi les forêts‖ qu'a vécu mon hérosC'est dans les bois qu'Amour‖ a troublé son repos.Ma muse en sa faveur‖ de myrte s'est parée ;J'ai voulu célébrer‖ l'amant de Cythérée,Adonis, dont la vie‖ eut des termes si courts,Qui fut pleuré des Ris,‖ qui fut plaint des Amours.Aminte, c'est à vous‖ que j'offre cet ouvrage ;Mes chansons et mes vœux,‖ tout vous doit rendre hommage :Trop heureux si j'osois‖ conter à l'universLes tourments infinis‖ que pour vous j'ai soufferts !Quand vous me permettrez‖ de chanter votre gloire,Quand vos yeux, renommés‖ par plus d'une victoire,Me laisseront vanter‖ le pouvoir de leurs traits,Et l'empire d'Amour‖ accru par vos attraits,Je vous peindrai si belle‖ et si pleine de charmes.Que chacun bénira‖ le sujet de mes larmes.Voilà l'unique but‖ où tendent mes souhaits.Cependant recevez‖ le don que je vous fais ;Ne le dédaignez pas :‖ lisez cette aventure,Dont, pour vous divertir,‖ j'ai tracé la peinture.Aux monts idaliens‖ un bois délicieuxDe ses arbres chenus‖ semble toucher les cieux.Sous ces ombrages verts‖ loge la Solitude.Là le jeune Adonis,‖ exempt d'inquiétude,Loin du bruit des cités,‖ s'exerçoit à chasser,Ne croyant pas qu'Amour‖ pût jamais l'y blesser.A peine son menton‖ d'un mol duvet s'ombrage,Qu'aux plus fiers animaux‖ il montre son courage.Ce n'est pas le seul don‖ qu'il ait reçu des cieux :Il semble être formé‖ pour le plaisir des yeux.Qu'on ne nous vante point‖ le ravisseur d'Hélène,Ni celui qui jadis‖ aimoit une ombre vaine,Ni tant d'autres héros‖ fameux par leurs appas ;Tous ont cédé le prix‖ au fils de Cyniras.Déjà la Renommée,‖ en naissant inconnue,Nymphe qui cache enfin‖ sa tête dans la nue,Par un charmant récit‖ amusant l'univers,Va parler d'Adonis‖ à cent peuples divers,A ceux qui sont sous l'Ourse,‖ aux voisins de l'Aurore,Aux filles du Sarmate,‖ aux pucelles du More.Paphos sur ses autels‖ le voit presque élever,Et le cœur de Vénus‖ ne sait où se sauver.L'image du héros,‖ qu'elle a toujours présente,Verse au fond de son âme‖ une ardeur violente :Elle invoque son fils,‖ elle implore ses traits,Et tâche d'assembler‖ tout ce qu'elle a d'attraits.Jamais on ne lui vit‖ un tel dessein de plaire ;Rien ne lui semble bien,‖ les Grâces ont beau faire.Enfin, s'accompagnant‖ des plus discrets Amours,Aux monts idaliens‖ elle dresse son cours.Son char, qui trace en l'air‖ de longs traits de lumière,A bientôt achevé‖ l'amoureuse carrière.Elle trouve Adonis‖ près des bords d'un ruisseau ;Couché sur des gazons,‖ il rêve, au bruit de l'eau.Il ne voit presque pas‖ l'onde qu'il considère :Mais l'éclat des beaux yeux‖ qu'on adore en CythèreL'a bientôt retiré‖ d'un penser si profond.Cet objet le surprend,‖ l'étonne, et le confond ;Il admire les traits‖ de la fille de l'onde.Un long tissu de fleurs,‖ ornant sa tresse blonde,Avoit abandonné‖ ses cheveux aux zéphyrs ;Son écharpe, qui vole‖ au gré de leurs soupirs,Laisse voir les trésors‖ de sa gorge d'albâtre.Jadis en cet état‖ Mars en fut idolâtre.Quand aux champs de l'Olympe‖ on célébra des jeuxPour les Titans défaits‖ par son bras valeureux.Rien ne manque à Vénus,‖ ni les lis, ni les roses,Ni le mélange exquis‖ des plus aimables choses,Ni ce charme secret‖ dont l'œil est enchanté,Ni la grâce, plus belle‖ encor que la beauté.Telle on vous voit, Aminte :‖ une glace fidèleVous peut de tous ces traits‖ présenter un modèle ;Et, s'il falloit juger‖ de l'objet le plus doux,Le sort seroit douteux‖ entre Vénus et vous.Tandis que le héros‖ admire Cythérée,Elle rend par ces mots‖ son âme rassurée :Trop aimable mortel,‖ ne crains point mon aspect ;Que de la part d'Amour‖ rien ne te soit suspect :En ces lieux écartés‖ c'est lui seul qui m'amène.Le ciel est ma patrie,‖ et Paphos mon domaine.Je les quitte pour toi ;‖ vois si tu veux m'aimer.Le transport d'Adonis‖ ne se peut exprimer.O dieux ! s'écria-t-il,‖ n'est-ce point quelque songe ?Puis-je embrasser l'erreur‖ où ce discours me plonge ?Charmante déité,‖ vous dois-je ajouter foi ?Quoi ! vous quittez les cieux,‖ et les quittez pour moi !Il me seroit permis‖ d'aimer une immortelle !Amour rend ses sujets‖ tous égaux, lui dit-elle ;La beauté, dont les traits‖ même aux dieux sont si doux.Est quelque chose encor‖ de plus divin que nous.Nous aimons, nous aimons,‖ ainsi que toute chose :Le pouvoir de mon fils‖ de moi-même dispose :Tout est né pour aimer.‖ Ainsi parle Vénus ;Et ses yeux éloquents‖ en disent beaucoup plus ;Ils persuadent mieux‖ que ce qu'a dit sa bouche.Ses regards, truchements‖ de l'ardeur qui la touche,Sa beauté souveraine,‖ et les traits de son fils,Ont contraint Mars d'aimer :‖ que peut faire Adonis ?Il aime, il sent couler‖ un brasier dans ses veines :Les plaisirs qu'il attend‖ sont accrus par ses peines :Il désire, il espère,‖ il craint, il sent un malA qui les plus grands biens‖ n'ont rien qui soit égal.Vénus s'en aperçoit,‖ et feint qu'elle l'ignore :Tous deux de leur amour‖ semblent douter encore ;Et, pour s'en assurer,‖ chacun de ces amantsMille fois en un jour‖ fait les mêmes serments.Quelles sont les douceurs‖ qu'en ces bois ils goûtèrent !O vous de qui les voix‖ jusqu'aux astres montèrent,Lorsque par vos chansons‖ tout l'univers charméVous ouït célébrer‖ ce couple bien-aimé,Grands et nobles esprits,‖ chantres incomparables,Mêlez parmi ces sons‖ vos accords admirables.Écho, qui ne tait rien,‖ vous conta ces amours ;Vous les vîtes gravés‖ au fond des antres sourds :Faites que j'en retrouve‖ au temple de mémoireLes monuments sacrés,‖ source de votre gloire,Et que, m'étant formé‖ sur vos savantes mains,Ces vers puissent passer‖ aux derniers des humains !Tout ce qui naît de doux‖ en l'amoureux empire,Quand d'une égale ardeur‖ l'un pour l'autre on soupire,Et que, de la contrainte‖ ayant banni les lois,On se peut assurer‖ au silence des bois,Jours devenus moments,‖ moments filés de soie,Agréables soupirs,‖ pleurs enfants de la joie,Vœux, serments et regards ,‖ transports, ravissements,Mélange dont se fait‖ le bonheur des amants ;Tout par ce couple heureux‖ fut lors mis en usage.Tantôt ils choisissoient‖ l'épaisseur d'un ombrage ;Là, sous des chênes vieux‖ où leurs chiffres gravésSe sont avec les troncs‖ accrus et conservés,Mollement étendus‖ ils consumoient les heures,Sans avoir pour témoins,‖ en ces sombres demeures,Que les chantres des bois,‖ pour confidents qu'Amour,Qui seul guidoit leurs pas‖ en cet heureux séjour.Tantôt sur des tapis‖ d'herbe tendre et sacréeAdonis s'endormoit‖ auprès de Cythérée,Dont les yeux, enivrés‖ par des charmes puissants,Attachoient au héros‖ leurs regards languissants.Bien souvent ils chantoient‖ les douceurs de leurs peines :Et quelquefois assis‖ sur le bord des fontaines,Tandis que cent cailloux,‖ luttant à chaque bond,Suivoient les longs replis‖ du cristal vagabond :Voyez, disoit Vénus,‖ ces ruisseaux et leur course ;Ainsi jamais le temps‖ ne remonte à sa source :Vainement pour les dieux‖ il fuit d'un pas léger ;Mais vous autres mortels‖ le devez ménager,Consacrant à l'Amour‖ la saison la plus belle.Souvent, pour divertir‖ leur ardeur mutuelle,Ils dansoient aux chansons,‖ de nymphes entourés.Combien de fois la lune‖ a leurs pas éclairés,Et, couvrant, de ses rais‖ l'émail d'une prairie,Les a vus à l'envi‖ fouler l'herbe fleurie !Combien de fois le jour‖ a vu les antres creuxComplice des larcins‖ de ce couple amoureux !Mais n'entreprenons pas‖ d'ôter le voile sombreDe ces plaisirs amis‖ du silence et de l'ombre.
Il est temps de passer‖ au funeste momentOù la triste Vénus‖ doit quitter son amant.Du bruit de ses amours‖ Paphos est alarmée ;On dit qu'au fond d'un bois‖ la déesse charmée,Inutile aux mortels,‖ et sans soin de leurs vœux,Renonce au culte vain‖ de ses temples fameux.Pour dissiper ce bruit,‖ la reine de CythèreVeut quitter pour un temps‖ ce séjour solitaire.Que ce cruel dessein‖ lui donne de douleursUn jour que son amant‖ la voyoit toute en pleurs,Déesse, lui dit-il,‖ qui causez mes alarmes,Quel ennui si profond‖ vous oblige à ces larmes ?Vous aurois-je offensée,‖ ou ne m'aimez-vous plus ?Ah dit-elle, quittez‖ ces soupçons superflus ;Adonis tâcheroit‖ en vain de me déplaire :Ces pleurs naissent d'amour,‖ et non pas de colère.D'un déplaisir secret‖ mon cœur se sent atteint :Il faut que je vous quitte,‖ et le sort m'y contraint :Il le faut. Vous pleurez‖ Du moins, en mon absence,Conservez-moi toujours‖ un cœur plein de constance :Ne pensez qu'à moi seule,‖ et qu'un indigne choixNe vous attache point‖ aux nymphes de ces bois :Leurs fers après les miens‖ ont pour vous de la honte.Surtout de votre sang‖ il faut me rendre compte.Ne chassez point aux ours‖ aux sangliers, aux lions ;Gardez-vous d'irriter‖ tous ces monstres félons :Laissez les animaux‖ qui, fiers et pleins de rage,Ne cherchent leur salut‖ qu'en montrant leur courage :Les daims et les chevreuils,‖ en fuyant devant vous,Donneront à vos sens‖ des plaisirs bien plus doux.Je vous aime, et ma crainte‖ a d'assez justes causes.Il sied bien en amour‖ de craindre toutes choses.Que deviendrois-je, hélas !‖ si le sort rigoureuxMe privoit pour jamais‖ de l'objet de mes vœux !…Là, se fondant en pleurs,‖ on voit croître ses charmes.Adonis lui répond‖ seulement par des larmes.Elle ne peut partir‖ de ces aimables lieux ;Cent humides baisers‖ achèvent ses adieux.O vous, tristes plaisirs‖ où leur âme se noie,Vains et derniers efforts‖ d'une imparfaite joie,Moments pour qui le sort‖ rend leurs vœux superflus,Délicieux moments,‖ vous ne reviendrez plus !Adonis voit un char‖ descendre de la nue :Cythérée y montant‖ disparoît à sa vue.
C'est en vain que des yeux‖ il la suit dans les airs.Rien ne s'offre à ses sens‖ que l'horreur des déserts.Les vents, sourds à ses cris,‖ renforcent leur haleine :Tout ce qu'il vient de voir‖ lui semble une ombre vaine.Il appelle Vénus,‖ fait retentir les bois,Et n'entend qu'un écho‖ qui répond à sa voix.C'est lors que, repassant‖ dans sa triste mémoireCe que naguère il eut‖ de plaisir et de gloire.Il tâche à rappeler‖ ce bonheur sans pareil :Semblable à ces amants‖ trompés par le sommeil,Qui rappellent en vain‖ pendant la nuit obscureLe souvenir confus‖ d'une douce imposture.Tel Adonis repense‖ à l'heur qu'il a perdu ;Il le conte aux forêts,‖ et n'est point entendu :Tout ce qui l'environne‖ est privé de tendresse ;Et, soit que des douleurs‖ la nuit enchanteressePlonge les malheureux‖ au suc de ses pavots,Soit que l'astre du jour‖ ramène leurs travaux,Adonis sans relâche‖ aux plaintes s'abandonne,De sanglots redoublés‖ sa demeure résonne.Cet amant toujours pleure,‖ et toujours les zéphyrsEn volant vers Paphos sont chargés de soupirs.La molle oisiveté,‖ la triste solitude,Poisons dont il nourrit‖ sa noire inquiétude,Le livrent tout entier‖ au vain ressouvenirQui le vient malgré lui‖ sans cesse entretenir.Enfin, pour divertir‖ l'ennui qui le possède,On lui dit que la chasse‖ est un puissant remède.Dans ces lieux pleins dé paix,‖ seul avecque l'amour,Ce plaisir occupoit‖ les héros d'alentour.Adonis les assemble,‖ et se plaint de l'outrageQue ces champs ont reçu‖ d'un sanglier plein de rage.Ce tyran des forêts‖ porte partout l'effroi ;Il ne peut rien souffrir‖ de sûr autour de soi :L'avare laboureur‖ se plaint à sa familleQue sa dent a détruit‖ l'espoir de la faucille :L'un craint pour ses vergers,‖ l'autre pour ses guérets ;Il foule aux pieds les dons‖ de Flore et de Gérés :Monstre énorme et cruel,‖ qui souille les fontaines,Qui fait bruire les monts,‖ qui désole les plaines,Et, sans craindre l'effort‖ des voisins alarmés,S'apprête à recueillir‖ les grains qu'ils ont semés.Tâcher de le surprendre‖ est tenter l'impossible ;Il habite en un fort‖ épais, inaccessible.Tel on voit qu'un brigand‖ fameux et redoutéSe cache après ses vols‖ en un antre écarté.Fait des champs d'alentour‖ de vastes cimetières,Ravage impunément‖ des provinces entières,Laisse gronder les lois,‖ se rit de leur courroux,Et ne craint point la mort,‖ qu'il porte au sein de tousL'épaisseur des forêts‖ le dérobe aux supplices.C'est ainsi que le monstre‖ a ces bois pour complices.Mais le moment fatal‖ est enfin, arrivéOù, malgré sa fureur,‖ en son sang abreuvé,Des dégâts qu'il a faits‖ il va payer l'usure.Hélas ! qu'il vendra cher‖ sa mortelle blessure !Un matin que l'Aurore‖ au teint frais et riantA peine avoit ouvert,‖ les portes d'orient,La jeunesse voisine‖ autour du bois s'assemble ;Jamais tant de héros‖ ne s'étoient vus ensemble.Anténor le premier‖ sort des bras du sommeil,Et vient au rendez-vous‖ attendre le soleil ;La déesse des bois‖ n'est point si matinale ;Cent fois il a surpris‖ l'amante de Céphale ;Et sa plaintive épouse‖ a maudit mille foisLes veneurs et les chiens,‖ le gibier et les bois.Il est bientôt suivi‖ du satrape Alcamène,Dont le long attirail‖ couvre toute la plaine.C'est en vain que ses gens‖ se sont chargés de rets ;Leur nombre est assez grand‖ pour ceindre les forêts.On y voit arriver‖ Bronte au cœur indomptable,Et le vieillard Capis,‖ chasseur infatigable,Qui, depuis son jeune âge‖ ayant aimé les bois,Rend et chiens et veneurs‖ attentifs à sa voix.Si le jeune Adonis‖ l'eût aussi voulu croire,Il n'auroit pas sitôt‖ traversé l'onde noire.Comment l'auroit-il cru,‖ puisqu'en vain ses amoursL'avoient sollicité‖ d'avoir soin de ses jours ?Par le beau Callion‖ la troupe est augmentée.Gilippe vient après,‖ fils du riche Acantée.Le premier, pour tous biens,‖ n'a que les dons du corps ;L'autre, pour tous appas,‖ possède des trésors.Tous deux aiment Chloris,‖ et Chloris n'aime qu'elle :Ils sont pourtant parés‖ des faveurs de la belle.Phlégre accourt, et Mimas,‖ Palmire aux blonds cheveux,Le robuste Crantor‖ aux bras durs et nerveux,Le Lycien Télame‖ Agénor de Carie,Le vaillant Triptolème,‖ honneur de la Syrie,Paphe expert à lutter,‖ Mopse à lancer le dard,Lycaste, Palémon,‖ Glauque, Hilus, Amilcar ;Cent autres que je tais,‖ troupe épaisse et confuse :Mais peut-on oublier‖ la charmante Aréthuse,Aréthuse au teint vif,‖ aux yeux doux et perçants,Qui pour le blond Palmire‖ a des feux innocents ?On ne l'instruisit point‖ à manier la laine ;Courir dans les forêts,‖ suivre un cerf dans la plaine,Ce sont tous ses plaisirs :‖ heureuse si son cœurEût pu se garantir‖ d'amour comme de peur !On la voit arriver‖ sur un cheval superbeDont à peine les pas‖ sont imprimés sur l'herbe ;D'une charge si belle‖ il semble glorieux :Et, comme elle, Adonis‖ attire tous les yeux :D'une fatale ardeur‖ déjà son front s'allume ;Il marche avec un air‖ plus fier que de coutume.Tel Apollon marchoit‖ quand l'énorme PythonL'obligea de quitter‖ l'ombre de l'Hélicon.Par l'ordre de Capis‖ la troupe se partage.De tant de gens épars‖ le nombreux équipage,Leurs cris, l'aboi des chiens,‖ les cors mêlés de voix,Annoncent l'épouvante‖ aux hôtes de ces bois.Le ciel en retentit,‖ les échos se confondent,De leurs palais voûtés‖ tous ensemble ils répondent.Les cerfs, au moindre bruit‖ à se sauver si prompts,Les timides troupeaux‖ des daims aux larges fronts,Sont contraints de quitter‖ leurs demeures secrètes :.Le bois n'a plus pour eux‖ d'assez sombres retraites.On court dans les sentiers,‖ on traverse les forts ;Chacun, pour les percer,‖ redouble ses efforts.
Au fond du bois croupit‖ une eau dormante et sale :Là le monstre se plaît‖ aux vapeurs qu'elle exhale ;Il s'y vautre sans cesse,‖ et chérit un séjourJusqu'alors ignoré‖ des mortels et du jour.On ne l'en peut chasser ;‖ du souci de sa vieBien plus à sa valeur‖ qu'à sa fuite il se fie.Les cors ont beau sonner,‖ l'air a beau retentir ;Rien ne sauroit encor‖ l'obliger à partir.Cependant les destins‖ hâtent sa dernière heure.Dryope la première‖ évente sa demeure :Les autres chiens, par elle‖ aussitôt avertis,Répondent à sa voix,‖ frappent l'air, de leurs cris,Entraînent les chasseurs,‖ abandonnent leur quête ;Toute la meute accourt,‖ et vient lancer la bête,S'anime en la voyant,‖ redouble son ardeur :Mais le fier animal‖ n'a point encor de peur.
Le coursier d'Adonis‖ né sur les bords du Xanthe,Ne peut plus retenir‖ son ardeur violente :Une jument d'Ida‖ l'engendra d'un des Vents ;Les forêts l'ont nourri‖ pendant ses premiers ans.Il ne craint point des monts‖ les puissantes barrières,Ni l'aspect étonnant‖ des profondes rivières,Ni le penchant affreux‖ des rocs et des vallons ;D'haleine en le suivant‖ manquent les aquilons.Adonis le retient‖ pour mieux suivre la chasse.
Enfin le monstre est joint‖ par deux chiens dont la raceVient du vite Lélaps,‖ qui fut l'unique prixDes larmes dont Céphale‖ apaisa sa Procris :Ces deux chiens sont Mélampe‖ et l'ardente Sylvage.Leur sort fut différent,‖ mais non pas leur courage :Par l'homicide dent‖ Mélampe est mis à mort :Sylvage au poil de tigre‖ attendoit même sort,Lorsque l'un des chasseurs‖ se présente à la bête.Sur lui tourne aussitôt‖ l'effort de la tempête :Il commît, mais trop tard,‖ qu'il s'est trop avancé ;Son visage pâlit,‖ son sang devient glacé ;L'image du trépas‖ en ses yeux est empreinte :Sur le teint des mourants‖ la mort n'est pas mieux peinte.Sa peur est pourtant vaine,‖ et, sans être blessé,Du monstre qui le heurte‖ il se sent terrassé.Nisus, ayant cherché‖ son salut sur un arbre,Rit de voir ce chasseur‖ plus froid que n'est un marbre :Mais lui-même a sujet‖ de trembler à son tour.Le sanglier coupe l'arbre ;‖ et les lieux d'alentourRésonnent du fracas‖ dont sa chute est suivie :Nisus encore en l'air‖ fait des vœux pour sa vie.Conterai-je en détail‖ tant de puissants efforts,Des chiens et des chasseurs‖ les différentes morts,Leurs exploits avec eux‖ cachés sous l'ombre noire ?Seules vous les savez,‖ ô filles de Mémoire :Venez donc m'inspirer ;‖ et, conduisant ma voix,Faites-moi dignement‖ célébrer ces exploits.Deux lices d'Anténor,‖ Lycoris et Niphale,Veulent qu'aux yeux de tous‖ leur ardeur se signale.Le vieux Capis lui-même‖ eut soin de les dresser :Au sanglier l'une et l'autre‖ est prête à se lancer.Un mâtin les devance,‖ et se jette en leur place ;C'est Phlégon, qui souvent‖ aux loups donne la chasse.Armé d'un fort collier‖ qu'on a semé de clous,A l'oreille du monstre‖ il s'attache en courroux :Mais il sent aussitôt‖ le redoutable ivoire ;Ses flancs sont décousus ;‖ et, pour comble de gloire,Il combat en mourant,‖ et ne veut point lâcherL'endroit où sur le monstre‖ il vient de s'attacher.Cependant le sanglier‖ passe à d'autres trophées :Combien voit-on sous lui‖ de trames étouffées !Combien en coupe-t-il !‖ Que d'hommes terrassés !Que de chiens abattus,‖ mourants, morts et blessésChevaux, arbres, chasseurs,‖ tout éprouve sa rage.Tel passe un tourbillon‖ messager de l'orage ;Telle descend la foudre,‖ et d'un soudain fracasBrise, brûle, détruit,‖ met les rochers à bas.Crantor d'un bras nerveux‖ lance un dard à la bêteElle en frémit de rage,‖ écume, et tourne tête.Et son poil hérissé‖ semble de toutes partsPrésenter au chasseur‖ une forêt de dards.Il n'en a point pourtant‖ le cœur touché de crainte.Par deux fois du sanglier‖ il évite l'atteinte ;Deux fois le monstre passe,‖ et ne brise en passantQue l'épieu dont Crantor‖ se couvre en cet instant.Il revient au chasseur :‖ la fuite est inutile ;Crantor aux environs‖ n'aperçoit point d'asile :En vain du coup fatal‖ il veut se détourner ;Ne pouvant que mourir,‖ il meurt sans s'étonner.Pour punir son vainqueur‖ toute la troupe approche :L'un lui présente un dard,‖ l'autre un trait lui décoche :Le fer ou se rebouche,‖ ou ne fait qu'entamerSa peau, que d'un poil dur‖ le ciel voulut armer.Il se lance aux épieux,‖ il prévient leur atteinte ;Plus le péril est grand,‖ moins il montre de crainte.C'est ainsi qu'un guerrier‖ pressé de toutes partsNe songe qu'à périr‖ au milieu des hasards :De soldats entassés‖ son bras jonche la terre ;Il semble qu'en lui seul‖ se termine la guerreCertain de succomber,‖ il fait pourtant effort,Non pour ne point mourir,‖ mais pour venger sa mort.Tel et plus valeureux‖ le monstre se présente.Plus le nombre s'accroît,‖ plus sa fureur s'augmente :L'un a les flancs ouverts,‖ l'autre les reins rompus ;Il mâche et foule aux pieds‖ ceux qui sont abattus.La troupe des chasseurs‖ en devient moins hardie ;L'ardeur qu'ils témoignoient‖ est bientôt refroidie.Palmire toutefois‖ s'avance malgré tous :Ce n'est pas du sanglier‖ que son cœur craint les coups,Aréthuse lui fut‖ jadis plus redoutable ;Jadis sourde à ses vœux,‖ mais alors favorable,Elle voit son amant‖ poussé d'un beau désir,Et le voit avec crainte‖ autant qu'avec plaisir.Quoi ! mes bras, lui dit-il,‖ sont conduits par les vôtres,Et vous me verriez fuir‖ aussi bien que les autres !Non, non ; pour redouter‖ le monstre et son effort,Vos yeux m'ont trop appris‖ à mépriser la mort.Il dit, et ce fut tout :‖ l'effet suit la parole ;Il ne va pas au monstre,‖ il y court, il y vole,Tourne de tous côtés,‖ esquive en l'approchant,Hausse le bras vengeur,‖ et d'un glaive tranchantS'efforce de punir‖ le monstre de ses crimes.Sa dent alloit d'un coup‖ s'immoler deux victimes :L'une eût senti le mal‖ que l'autre en eût reçu,Si son cruel espoir‖ n'eût point été déçu.Entre Palmire et lui‖ l'amazone se lance :Palmire craint pour elle,‖ et court à sa défense.Le sanglier ne sait plus‖ sur qui d'eux se venger ;Toutefois à Palmire‖ il porte un coup léger ;Léger pour le héros,‖ profond pour son amante.On l'emporte ; elle suit,‖ inquiète et tremblante.Le coup est sans danger :‖ cependant les esprits,En foule avec le sang‖ de leurs prisons sortis,Laissent faire à Palmire‖ un effort inutile.Il devient aussitôt‖ pâle, froid, immobile ;Sa raison n'agit plus,‖ son œil se sent voiler :Heureux s'il pouvoit voir‖ les pleurs qu'il fait couler !La moitié des chasseurs,‖ à le plaindre employée,Suit la triste Aréthuse‖ en ses larmes noyée.Non loin de cet endroit‖ un ruisseau fait son cours,Adonis s'y repose‖ après mille détours.Les nymphes, de qui l'œil‖ voit les choses futures,L'avoient fait égarer‖ en des routes obscures.Le son des cors se perd‖ par un charme inconnu ;C'est en vain que leur bruit‖ à ses sens est venu.Ne sachant où porter‖ sa course vagabonde,Il s'arrête en passant‖ au cristal de cette onde.Mais les nymphes ont beau‖ s'opposer aux destins,Contre un ordre fatal‖ tous leurs charmes sont vains.Adonis en ce lieu‖ voit apporter Palmire ;Ce spectacle l'émeut,‖ et redouble son ire :A tarder plus longtemps‖ on ne peut l'obliger ;Il regarde la gloire,‖ et non pas le danger.Il part, se fait guider,‖ rencontre le carnage.Cependant le sanglier‖ s'étoit fait un passage :Et, courant vers son fort,‖ il se lançoit parfoisAux chiens, qui dans le ciel‖ poussoient de vains abois.On ne l'ose approcher ;‖ tous les traits qu'on lui lance,Étant poussés de loin,‖ perdent leur violence.Le héros seul s'avance,‖ et craint peu son courroux :Mais Capis l'arrêtant‖ s'écrie : Où courez-vous ?Quelle bouillante ardeur‖ au péril vous engage ?Il est besoin de ruse,‖ et non pas de courage.N'avancez pas, fuyez ;‖ il vient à vous, ô dieux !Adonis, sans répondre,‖ au ciel lève les yeux.Déesse, ce dit-il,‖ qu'adore ma pensée,Si je cours au péril,‖ n'en sois point offensée ;Guide plutôt mon bras,‖ redouble son effort ;Fais que ce trait lancé‖ donne au monstre la mort.A ces mots dans les airs‖ le trait se fait entendre :A l'endroit où le monstre‖ a la peau la plus tendreIl en reçoit le coup,‖ se sent ouvrir les flancs,De rage et de douleur‖ frémit, grince les dents,Rappelle sa fureur,‖ et court à la vengeance.Plein d'ardeur et léger,‖ Adonis le devance.On craint pour le héros‖ mais il sait éviterLes coups qu'à cet abord‖ la dent lui veut porter.Tout ce que peut l'adresse‖ étant jointe au courage,Ce que pour se venger‖ tente l'aveugle rage,Se fit lors remarquer‖ par les chasseurs épars.Tous ensemble au sanglier‖ voudroient lancer leurs dards,Mais peut-être Adonis‖ en recevroit l'atteinte.Du cruel animal‖ ayant chassé la crainte,En foule ils courent tous‖ droit aux fiers assaillants.Courez, courez, chasseurs‖ un peu trop tard vaillants ;Détournez de vos noms‖ un éternel reproche :Vos efforts sont trop lents,‖ déjà le coup approche.Que n'en ai-je oublié‖ les funestes moments !Pourquoi n'ont pas péri‖ ces tristes monuments !Faut-il qu'à nos neveux‖ j'en raconte l'histoire !
Enfin de ces forêts‖ l'ornement et la gloire,Le plus beau des mortels,‖ l'amour de tous les yeux,Par le vouloir du sort‖ ensanglante ces lieux.Le cruel animal‖ s'enferre dans ses armes,Et d'un coup aussitôt‖ il détruit mille charmes.Ses derniers attentats‖ ne sont pas impunis ;Il sent son cœur percé‖ de l'épieu d'Adonis,Et, lui poussant au flanc‖ sa défense cruelle,Meurt, et porte en mourant‖ une atteinte mortelle.D'un sang impur et noir‖ il purge l'univers :Ses yeux d'un somme dur‖ sont pressés et couverts :Il demeure plongé‖ dans la nuit la plus noire ;Et le vainqueur à peine‖ a connu sa victoire,Joui de la vengeance‖ et goûté ses transports,Qu'il sent un froid démon‖ s'emparer de son corps.De ses yeux si brillants‖ la lumière est éteinte ;On ne voit plus l'éclat‖ dont sa bouche et oit peinte,On n'en voit que les traits ;‖ et l'aveugle trépasParcourt tous les endroits‖ où régnoient tant d'appas.Ainsi l'honneur des prés,‖ les fleurs, présents de Flore,Filles du blond Soleil,‖ et des pleurs de l'Aurore,Si la faux les atteint,‖ perdent en un momentDe leurs vives couleurs‖ le plus rare ornement.
La troupe des chasseurs,‖ au héros accourue.Par des cris redoublés‖ lui fait ouvrir la vue :Il cherche encore un coup‖ la lumière des cieux :Il pousse un long soupir,‖ il referme les yeux,Et le dernier moment‖ qui retient sa belle âmeS'emploie au souvenir‖ de l'objet qui l'enflamme.On fait pour l'arrêter‖ des efforts superflus ;Elle s'envole aux airs,‖ le corps ne la sent plus.
Prêtez-moi des soupirs,‖ ô vents, qui sur vos ailesPortâtes à Vénus‖ de si tristes nouvelles.Elle accourt aussitôt,‖ et, voyant son amant.Remplit les environs‖ d'un vain gémissement.Telle sur un ormeau‖ se plaint la tourterelle,Quand l'adroit giboyeur‖ a, d'une main cruelle,Fait mourir à ses yeux‖ l'objet de ses amours ;Elle passe à gémir‖ et les nuits et les jours,De moment en moment‖ renouvelant sa plainte,Sans que d'aucun remords‖ la Parque soit atteinte.Tout ce bruit, quoique juste,‖ au vent est répandu ;L'enfer ne lui rend point‖ le bien qu'elle a perdu :On ne le peut fléchir ;‖ les cris dont il est causeNe font point qu'à nos vœux‖ il rende quelque chose.Vénus l'implore en vain‖ par de tristes accents ;Son désespoir éclate‖ en regrets impuissants ;Ses cheveux sont épars,‖ ses yeux noyés de larmes ;Sous d'humides torrents‖ ils resserrent leurs charmes.Comme on voit au printemps‖ les beautés du soleilCacher sous des vapeurs‖ leur éclat sans pareil.Après mille sanglots‖ enfin elle s'écrie :Mon amour n'a donc pu‖ te faire aimer la vie !Tu me quittes, cruel !‖ Au moins ouvre les yeux,Montre-toi plus sensible‖ à mes tristes adieux ;Vois de quelles douleurs‖ ton amante est atteinte !Hélas ! j'ai beau crier,‖ il est sourd à ma plainte :Une éternelle nuit‖ l'oblige à me quitter ;Mes pleurs ni mes soupirs‖ ne peuvent l'arrêter.Encor si je pouvois‖ le suivre en ces lieux sombres !Que ne m'est-il permis‖ d'errer parmi les ombres !Destins, si vous vouliez‖ le voir sitôt périr,Falloit-il m'obliger‖ à ne jamais mourir ?Malheureuse Vénus,‖ que te servent ces larmes ?Vante-toi maintenant‖ du pouvoir de tes charmes :Ils n'ont pu du trépas‖ exempter tes amours ;Tu vois qu'ils n'ont pu même‖ en prolonger les jours.Je ne demandois pas‖ que la Parque cruellePrît à filer leur trame‖ une peine éternelle ;Bien loin que mon pouvoir‖ l'empêchât de finir,Je demande un moment,‖ et ne puis l'obtenir.Noires divinités‖ du ténébreux empire,Dont le pouvoir s'étend‖ sur tout ce qui respire,Rois des peuples légers,‖ souffrez que mon amantDe son triste départ‖ me console un moment.Vous ne le perdrez point ;‖ le trésor que je pleureOrnera tôt ou tard‖ votre sombre demeure.Quoi ! vous me refusez‖ un présent si léger !Cruels, souvenez-vous‖ qu'Amour m'en peut venger.Et vous, antres cachés,‖ favorables retraites,Où nos cœurs ont goûté‖ des douceurs si secrètes ;Grottes, qui tant de fois‖ avez vu mon amantMe raconter des yeux‖ son fidèle tourment,Lieux amis du repos,‖ demeures solitaires,Qui d'un trésor si rare‖ étiez dépositaires,Déserts, rendez-le-moi :‖ deviez-vous avec luiNourrir chez vous le monstre‖ auteur de mon ennui ?Vous ne répondez point.‖ Adieu donc, ô belle âme ;Emporte chez les morts‖ ce baiser tout de flamme :Je ne te verrai plus ;‖ adieu, cher Adonis !
Ainsi Vénus cessa.‖ Les rochers, à ses cris,Quittant leur dureté,‖ répandirent des larmes :Zéphyre en soupira :‖ le Jour voila ses charmes ;D'un pas précipité‖ sous les eaux il s'enfuit,Et laissa dans ces lieux‖ une profonde nuit.
Versification
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a vers / l'univers masculine, classiqueb défendre / Scamandre féminine, classiquec voix / bois masculine, classiqued haleines / fontaines féminine, classiquee héros / repos masculine, classiquef parée / Cythérée féminine, classiqueg courts / Amours masculine, classiqueh ouvrage / hommage féminine, classiquei l'univers / soufferts masculine, classiquej gloire / victoire féminine, classiquek traits / attraits masculine, classiquel charmes / larmes féminine, classiquem souhaits / fais masculine, classiquen aventure / peinture féminine, classiqueo délicieux / cieux masculine, classiquep Solitude / d'inquiétude féminine, classiqueq chasser / blesser masculine, classiquer s'ombrage / courage féminine, classiques cieux / yeux masculine, classiquet d'Hélène / vaine féminine, classiqueu appas / Cyniras masculine, classiquev inconnue / nue féminine, classiquew l'univers / divers masculine, classiquex l'Aurore / More féminine, classiquey élever / sauver masculine, classiquez présente / violente féminine, classiquea traits / d'attraits masculine, classiqueb plaire / faire féminine, classiquec Amours / cours masculine, classiqued lumière / carrière féminine, classiquee ruisseau / l'eau masculine, classiquef considère / Cythère féminine, classiqueg profond / confond masculine, classiqueh l'onde / blonde féminine, classiquei zéphyrs / soupirs masculine, classiquej d'albâtre / idolâtre féminine, classiquek jeux / valeureux masculine, classiquel roses / choses féminine, classiquem enchanté / beauté masculine, classiquen fidèle / modèle féminine, classiqueo doux / vous masculine, classiquep Cythérée / rassurée féminine, classiqueq aspect / suspect masculine, classiquer m'amène / domaine féminine, classiques m'aimer / exprimer masculine, classiquet songe / plonge féminine, classiqueu foi / moi masculine, classiquev immortelle / dit-elle féminine, classiquew doux / nous masculine, classiquex chose / dispose féminine, classiquey Vénus / plus masculine, classiquez bouche / touche féminine, classiquea fils / Adonis masculine, classiqueb veines / peines féminine, classiquec mal / égal masculine, classiqued l'ignore / encore féminine, classiquee amants / serments masculine, classiquef goûtèrent / montèrent féminine, classiqueg charmé / bien-aimé masculine, classiqueh incomparables / admirables féminine, classiquei amours / sourds masculine, classiquej mémoire / gloire féminine, classiquek mains / humains masculine, classiquel empire / soupire féminine, classiquem lois / bois masculine, classiquen soie / joie féminine, classiqueo ravissements / amants masculine, classiquep usage / ombrage féminine, classiqueq gravés / conservés masculine, classiquer heures / demeures féminine, classiques qu'Amour / séjour masculine, classiquet sacrée / Cythérée féminine, classiqueu puissants / languissants masculine, classiquev peines / fontaines féminine, classiquew bond / vagabond masculine, classiquex course / source féminine, classiquey léger / ménager masculine, classiquez belle / mutuelle féminine, classiquea entourés / éclairés / guérets masculine, classiqueb prairie / fleurie féminine, classiquec creux / amoureux masculine, classiqued sombre / l'ombre féminine, classiquea moment / amant masculine, classiqueb alarmée / charmée féminine, classiquec vœux / fameux masculine, classiqued Cythère / solitaire féminine, classiquee douleurs / pleurs masculine, classiquef alarmes / larmes féminine, classiqueg plus / superflus masculine, classiqueh déplaire / colère féminine, classiquei atteint / contraint masculine, classiquej absence / constance féminine, classiquek choix / bois masculine, classiquel honte / compte féminine, classiquem lions / félons masculine, classiquen rage / courage féminine, classiqueo vous / doux masculine, classiquep causes / choses féminine, classiqueq rigoureux / vœux masculine, classiques lieux / adieux masculine, classiquet noie / joie féminine, classiqueu superflus / plus masculine, classiquev nue / vue féminine, classiquea airs / déserts masculine, classiqueb haleine / vaine féminine, classiquec bois / voix masculine, classiquee pareil / sommeil masculine, classiquef obscure / imposture féminine, classiqueg perdu / entendu masculine, classiqueh tendresse / enchanteresse féminine, classiquei pavots / travaux masculine, classiquej s'abandonne / résonne féminine, classiquel solitude / inquiétude féminine, classiquem ressouvenir / entretenir masculine, classiquen possède / remède féminine, classiqueo l'amour / d'alentour masculine, classiquep l'outrage / rage féminine, classiqueq l'effroi / soi masculine, classiquer famille / faucille féminine, classiquet Gérés / alarmés masculine, équivalenteu fontaines / plaines féminine, classiquev semés / redouté / écarté masculine, classiquew l'impossible / inaccessible féminine, non classiquex cimetières / entières féminine, classiquey courroux / tous masculine, classiquez supplices / complices féminine, classiquea arrivé / abreuvé masculine, classiqueb l'usure / blessure féminine, classiquec riant / d'orient masculine, classiqued s'assemble / ensemble féminine, classiquee sommeil / soleil masculine, classiquef matinale / Céphale féminine, classiqueg fois / bois masculine, classiqueh Alcamène / plaine féminine, classiquei rets / forêts masculine, classiquej indomptable / infatigable féminine, classiquel croire / noire féminine, classiquem amours / jours masculine, classiquen augmentée / Acantée féminine, classiqueo corps / trésors masculine, classiquep qu'elle / belle féminine, classiqueq cheveux / nerveux masculine, classiquer Carie / Syrie féminine, classiques dard / Amilcar masculine, classiquet confuse / Aréthuse féminine, classiqueu perçants / innocents masculine, non classiquev laine / plaine féminine, classiquew cœur / peur masculine, classiquex superbe / l'herbe féminine, classiquey glorieux / yeux masculine, classiquez s'allume / coutume féminine, classiquea Python / l'Hélicon masculine, classiqueb partage / équipage féminine, classiqued confondent / répondent féminine, classiquee prompts / fronts masculine, classiquef secrètes / retraites féminine, classiqueg forts / efforts masculine, classiquea sale / exhale féminine, classiqueb séjour / jour masculine, classiquec vie / fie féminine, classiqued retentir / partir masculine, classiquee heure / demeure féminine, classiquef avertis / cris masculine, classiqueg quête / bête féminine, classiqueh ardeur / peur masculine, classiquea Xanthe / violente féminine, classiqueb Vents / ans masculine, classiquec barrières / rivières féminine, classiqued vallons / aquilons masculine, classiquee chasse / race féminine, classiqueb prix / Procris masculine, classiquec Sylvage / courage féminine, classiqued mort / sort masculine, classiquee bête / tempête féminine, classiquef avancé / glacé masculine, classiqueg empreinte / peinte féminine, classiqueh blessé / terrassé masculine, classiquei arbre / marbre féminine, classiquej tour / d'alentour masculine, classiquek suivie / vie féminine, classiquel efforts / morts masculine, classiquem noire / Mémoire féminine, classiquen voix / exploits masculine, classiqueo Niphale / signale féminine, classiquep dresser / lancer masculine, classiqueq place / chasse féminine, classiquer clous / courroux masculine, classiques ivoire / gloire féminine, classiquet lâcher / s'attacher masculine, classiqueu trophées / étouffées féminine, classiquev terrassés / blessés masculine, classiquew rage / l'orage féminine, classiquex fracas / bas masculine, classiquey bête / tête féminine, classiquez parts / dards masculine, classiquea crainte / l'atteinte féminine, classiqueb passant / instant masculine, classiquec inutile / d'asile féminine, classiqued détourner / s'étonner masculine, classiquee approche / décoche féminine, classiquef qu'entamer / armer masculine, classiqueg atteinte / crainte féminine, classiqueh parts / hasards masculine, classiquei terre / guerre féminine, classiquej effort / mort masculine, classiquek présente / s'augmente féminine, classiquel rompus / abattus masculine, classiquem hardie / refroidie féminine, classiquen tous / coups masculine, classiqueo redoutable / favorable féminine, classiquep désir / plaisir masculine, classiqueq vôtres / autres féminine, classiques parole / vole féminine, classiquet l'approchant / tranchant masculine, classiqueu crimes / victimes féminine, classiquev reçu / déçu masculine, classiquew lance / défense féminine, classiquex venger / léger masculine, classiquey amante / tremblante féminine, classiquez esprits / sortis masculine, classiquea inutile / immobile féminine, classiqueb voiler / couler masculine, classiquec employée / noyée féminine, classiqued cours / détours masculine, classiquee futures / obscures féminine, classiquef inconnu / venu masculine, classiqueg vagabonde / onde féminine, classiqueh destins / vains masculine, classiquei Palmire / ire féminine, classiquej l'obliger / danger masculine, classiquek carnage / passage féminine, classiquel parfois / abois masculine, classiquem lance / violence féminine, classiquen courroux / courez-vous masculine, classiqueo engage / courage féminine, classiquep dieux / yeux masculine, classiqueq pensée / offensée féminine, classiques entendre / tendre féminine, classiquet flancs / dents masculine, classiqueu vengeance / devance féminine, classiquev éviter / porter masculine, classiquew courage / rage féminine, classiquex épars / dards masculine, classiquey l'atteinte / crainte féminine, classiquez assaillants / vaillants masculine, classiquea reproche / approche féminine, classiqueb moments / monuments masculine, classiquec l'histoire / gloire féminine, classiqueb yeux / lieux masculine, classiquec armes / charmes féminine, classiqued impunis / d'Adonis masculine, classiquee cruelle / mortelle féminine, classiquef l'univers / couverts masculine, classiqueg noire / victoire féminine, classiqueh transports / corps masculine, classiquei éteinte / peinte féminine, classiquej trépas / d'appas masculine, classiquek Flore / l'Aurore féminine, classiquel moment / ornement masculine, classiquea accourue / vue féminine, classiquec âme / l'enflamme féminine, classiquea ailes / nouvelles féminine, classiqueb amant / gémissement masculine, classiquec tourterelle / cruelle féminine, classiquee plainte / atteinte féminine, classiquef répandu / perdu masculine, classiqueg cause / chose féminine, classiqueh accents / impuissants masculine, classiquei larmes / charmes féminine, classiquej soleil / pareil masculine, classiquek s'écrie / vie féminine, classiquel yeux / adieux masculine, classiquem atteinte / plainte féminine, classiquen quitter / l'arrêter masculine, classiqueo sombres / ombres féminine, classiquep périr / mourir masculine, classiques cruelle / éternelle féminine, classiquet finir / l'obtenir masculine, classiqueu empire / respire féminine, classiquev amant / moment masculine, classiquew pleure / demeure féminine, classiquex léger / venger masculine, classiquey retraites / secrètes féminine, classiquez amant / tourment masculine, classiquea solitaires / dépositaires féminine, classiqueb lui / ennui masculine, classiquec âme / flamme féminine, classiqued Adonis / cris masculine, classiquec s'enfuit / nuit masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.9· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
606 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1876· numérisation gallica.bnf.fr· Sources