Bonheur manqué, 1889
XXXIII. « Et plus tard tu diras, non sans quelque douceur »
Avril, même jour.
Et plus tard tu diras, non sans quelque douceur,Quand la gloire m’aura donné des amoureuses :Vous n’avez pas connu ses heures douloureuses,L’époque où mon amour était son défenseur.
Cet homme était sans dieu, sans parents, sans patrie ;Il vivait lâchement, car tout l’avait déçu.Aucune d’entre vous ne l’aurait aperçu ;Il eut l’étonnement de mon idolâtrie.
Ah ! vous pouvez l’aimer, mon cœur vous devança.Voilà déjà longtemps qu’en mes bras je le serre ;Je lui tendis la main au temps de sa misère ;Je n’ai pas attendu qu’il fût heureux pour ça.
12 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Bonheur manqué, Paris, Paul Ollendorff, éditeur, 1889· numérisation books.google.com· Sources